Amendement 138

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L’amendement 138 (renuméroté en amendement 46) a été adopté aujourd’hui par le Parlement européen

21 avril 2009

Strasbourg, 21 avril 2009 — Une fois de plus, le Parlement européen a démontré qu’il peut résister aux pressions et se battre pour les droits et libertés des citoyens. L’amendement 138 (renuméroté en amendement 46) a été adopté aujourd’hui en commission ITRE (Industrie, Recherche et Énergie) à Strasbourg.

L’amendement 138/46-135 dispose que l’on ne peut restreindre les droits et libertés fondamentaux des utilisateurs qu’après une décision de l’autorité judiciaire (exception faite des menaces à la sécurité publique, auquel cas la décision peut être postérieure). Cet amendement avait été adopté en septembre dernier par une majorité écrasante au Parlement européen et ensuite approuvé par la Commission européenne malgré les demandes répétées de la part de la Présidence française de le rejeter. Le Conseil de l’Union européenne l’avait finalement rejeté sous la pression du gouvernement français et à la suite de la désinformation de juristes employés par le Conseil sur une prétendue contradiction avec les lois nationales existantes.

Malgré une forte pression pour obtenir un compromis sur la directive cadre du Paquet Télécom la commission ITRE du Parlement européen a de nouveau adopté l’amendement 138/46 par une forte majorité de 40 contre 4. Il faudra s’assurer dans la suite des débats que ce vote sera confirmé en session plénière, mais il s’agit d’un signal fort et évident.

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amendement 46, Paquet Télécom, Parlement européen
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Hadopi: la seconde lecture fixée au mercredi 29 avril après 15h00

15 avril 2009

Selon nos informations, la conférence des présidents de l’Assemblée Nationale a maintenu le texte sur l’inceste au programme des députés, en réduisant sa discussion sur une seule journée. Le projet de loi Création et Internet reprendra donc le lendemain pour une seconde lecture le mercredi 28 avril, après les questions au gouvernement de 15H.

Conformément aux souhaits du Président de la République, relayés par Jean-François Copé et Roger Karoutchi, la conférence des présidents de l’Assemblée Nationale a décidé ce soir d’une nouvelle lecture du projet de loi Création et Internet. Selon nos informations, elle a toutefois été fixée au mercredi 29 avril, l’Assemblée ayant jugé plus sage de maintenir la proposition de loi relative à la prévention et à la lutte contre l’inceste sur les mineurs au 28 avril. Jean-François Copé avait proposer de la repousser pour laisser place au plus vite au texte de lutte contre le piratage.

Toutefois conformément à la réforme de la Constitution, la modification de l’ordre du jour devra être ratifiée en séance publique de l’Assemblée Nationale. Ce qui devrait être le cas le 28 avril, sans difficulté.

Le débat sur le projet de loi Création et Internet sera ouvert en seconde lecture après les questions au gouvernement du mercredi 29 avril (qui doivent débuter à 15H), donc autour de 16H30.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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assemblée nationale, projet de loi
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L’Assemblée nationale rejette la loi Création et Internet !

9 avril 2009

C’est absolument incroyable, mais c’est la démocratie qui a gagné ! C’est vous, internautes, qui avez gagné. Jeudi, l’Assemblée Nationale a refusé de ratifier (par 21 voix contre 15) le projet de loi Création et Internet et la riposte graduée. Le texte n’aura pas besoin d’être censuré au Conseil constitutionnel, il ne sera pas promulgué ! A moins que le gouvernement s’entête et exige une seconde lecture, ce que la Constitution lui permet.

Juridiquement, la gouvernement a la possibilité de demander une seconde lecture.Selon nos informations, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement Roger Karoutchi est arrivé de toute urgence après le vote pour établir une stratégie. Mais un tel rejet n’est a priori que deux fois dans l’histoire de la 5ème République, ce qui montre l’ampleur politique du coup porté ce matin.

Incroyable : Jeudi, à la surprise générale, les députés ont rejeté le texte de loi Création et Internet par 21 voix contre 15 !

Les lignes ont bougé, jeudi, lors du vote final de la loi Création et Internet. Au point que Christine Albanel devait pousser un ouf de soulagement en se remémorant que la procédure d’urgence, encore une fois choisie par le gouvernement, devait éviter un deuxième tour de débat parlementaire. Mais progressivement, les sénateurs et les députés ont révisé leur position en découvrant l’ampleur de l’usine à gaz qu’ils allaient créer, contre les principes républicains de respect de la présomption d’innocence. Et la procédure d’urgence n’a plus suffit à empêcher la censure du texte.

Le Sénat, qui avait voté à l’unanimité des bancs le projet de loi en première lecture, à l’exception du groupe communiste qui s’était abstenu, s’est divisé ce jeudi matin. Si les sénateurs UMP et Nouveau Centre ont maintenu leur vote favorable, les Verts ont voté contre et le PS a choisi de s’abstenir pour marquer son désaccord avec quelques points du texte, et faire un pas vers la position des députés.

A l’Assemblée Nationale, le député centriste Jean Dionis du Séjour n’a plus tenu. Lui qui a dû concilier son opposition personnelle virulente contre le projet loi à la position de son groupe Nouveau Centre, favorable à la riposte graduée, a craqué. Plutôt que de s’abstenir comme il l’avait annoncé pendant l’ensemble du débat, il a choisi à la dernière minute de franchir le Rubicon et de voter contre le projet de loi. Un fait exceptionnel pour le groupe Nouveau Centre, qui fait partie de la majorité parlementaire. Les députés PS, Verts, et Communistes ont bien sûr maintenu leur vote contre, tandis que les rangs UMP étaient clairsemés.

La ministre Christine Albanel a été victime d’un pêché d’orgueil. Les députés n’ont pas goûté la méthode, et le durcissement du texte à la CMP, notamment par le rétablissement de la “double peine” (le fait de payer l’abonnement pendant la suspension). Ils n’ont pas dû apprécié, non plus, que la ministre ne réponde pas aux questions préalables et exception d’irrecevabilité défendues avec brio par l’opposition.

Au moment du vote, le nombre de mains levée pour voter pour le projet de loi était très maigre :

Ils ont voté pour :

Ils ont voté contre :

Sous les applaudissements, le texte a été rejeté. Pour Numerama, ce sont des mois de combat et de démonstrations de la dangerosité juridique et technique du texte qui trouvent leurs fruits. Des mois d’un combat souvent difficile que nous n’avons pu tenir que grâce à votre soutien, et au travail incroyablement précieux de la Quadrature du Net et des députés Martine Billard, Patrick Bloche, Christian Paul et Jean-Pierre Brard.

Merci à vous tous. Ce matin, c’est la démocratie qui l’a emportée sur les lobbys. Soyez-en fiers.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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60 % des internautes français opposés à la riposte graduée

8 avril 2009

Le projet de loi Création et Internet qui instaure la riposte graduée et met en place l’Hadopi est massivement rejeté par l’opinion publique, à un niveau qui selon l’IFOP est même “rarement observé dans le cadre d’une étude d’opinion“.


Selon un sondage IFOP réalisé pour le JDD, 60 % des internautes ne sont pas favorables à la loi Création et Internet, et seul un tiers y sont favorables. Le sondage a été réalisé en ligne du 6 au 8 avril 2009, sur un échantillon de 1004 personnes représentatif du grand public internaute français.

La “riposte gradué”, qui consiste à avertir les abonnés à Internet dont l’accès est utilisé pour pirater, puis à les sanctionner d’une suspension de leur abonnement en cas de récidive, ne fait pas peur. Les sondés sont seulement 24 % à estimer qu’elle sera efficace, et 69 % à penser qu’elle ne sera pas efficace.

Yves-Marie Cann, directeur d’étude au Département Opinion de l’IFOP, note que “l’opposition au dispositif défendu par les pouvoirs publics s’avère particulièrement intense, la proportion d’internautes se déclarant “pas du tout favorable” (42% de l’échantillon interrogé) atteignant un niveau rarement observé dans le cadre d’une étude d’opinion“. Seuls les plus de 65 ans (53 % de jugement favorables) se distinguent, alors que l’ensemble des autres catégories de population interrogées sont hostiles au projet de loi. “Un fait particulièrement marquant“, selon l’IFOP. Mais même chez les retraités, 64 % des sondés jugent que la riposte graduée sera “peu” voire “pas du tout” efficace.

L’opposition est aussi transpartisane, puisque la riposte graduée rencontre une majorité d’opposants parmi les sympathisants de droite (53 %), y compris chez ceux qui se déclarent proches de l’UMP (51 %). Un électeur de Nicolas Sarkozy sur deux est opposé à la loi. Les sympathisans de gauche (69 %) et du Mouvement Démocrate de Français Bayrou (60 %) sont, sans surprise, encore plus massivement opposés au dispositif.

Rappelons que rien n’oblige le Président de la République, dans la Constitution, à promulguer le projet de loi voté par le Parlement. Il est encore temps de reculer avant la gronde ne monte. Ce serait sage, sans doute.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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